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«Consécration internationale de l'exemple marocain». Interview : Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au Plan


Suite à l'adhésion du Maroc au Comité du centre de développement de l'Organisation pour la Coopération et le Développement économique (OCDE), Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au Plan, dans un entretien accordé au «Matin», revient sur les enjeux et les perspectives de cette adhésion.


«Consécration internationale de l'exemple marocain». Interview : Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au Plan
Le Matin : Qu'est-ce qui a motivé l'acceptation du Maroc en tant que membre du Comité du centre de développement de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) ?

AHMED LAHLIMI : Il m'a été donné de constater que la décision de coopter le Maroc comme membre à part entière du comité du centre de développement de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) procédait de deux considérations. La première c'est la richesse expérimentale, aux yeux de ses membres, de l'exemple marocain en matière de libéralisation et d'ouverture économiques. La seconde, c'est le gain de cohérence et de compatibilité que le processus de réforme engagé par le Maroc a acquis au cours des dernières années, par l'intégration croissante des politiques dans les domaines de l'économique, du sociétal et du développement humain. Il est, en effet, apparu à tout le monde que ce nouveau mode de gestion de la réforme est en rupture avec un contexte historique, pendant longtemps marqué, au Maroc, par l'insuffisante prise en compte de l'incompatibilité d'objectifs entre libéralisme et ouverture économiques d'un côté et politiques conservatrices aux plans sociétal et culturel de l'autre.

Comment se traduira cette adhésion, c'est-à-dire, concrètement qu'est-ce le Maroc apportera à ce comité et qu'est-ce qu'il en profitera ?

Comme vous le savez, le centre de développement a été créé en 1962 par l'OCDE à l'initiative du président américain John Fitzgerald Kennedy avec comme mission de promouvoir, en toute indépendance, des recherches comparatives en matière de développement et des dialogues politiques sur la gouvernance mondiale entre pays émergents et en développement et les pays membres de l'OCDE. Il joue également un rôle de conseil aux pays membres et non membres dans les domaines économique et social.

Le Maroc, qui figure parmi le nombre limité de pays émergents ou en développement cooptés pour en être membres à part entière, devra, dès lors, contribuer à ces recherches et à ces dialogues et, naturellement, en bénéficier.
D'ores et déjà, il est sollicité pour partager son expertise en matière d'analyse des phénomènes de pauvreté et d'inégalité.
Il fera, pour sa part, son profit des résultats d'études, menées par le Centre, sur la réforme fiscale en Amérique du Sud, par exemple.
Bien entendu, l'apport et le gain du Maroc dépendront du niveau de son implication dans les travaux du Centre.

Quels sont les autres pays émergents ou en développement qui sont membres de ce comité ?

En dehors des pays membres de l'OCDE, le Centre comprend un certain nombre de pays émergents ou en développement. Le Maroc est le seul pays africain, en dehors de l'Afrique du Sud, et le seul pays arabe, en dehors de l'Egypte. Il a été admis en même temps que la République du Pérou qui rejoint le Brésil, le Chili, la Colombie et le Mexique pour représenter l'Amérique du Sud.

La décision de coopter le Maroc comme membre à part entière du comité du centre de développement de l'OCDE procédait de deux considérations. La première c'est la richesse expérimentale, aux yeux de ses membres, de l'exemple marocain en matière de libéralisation et d'ouverture économiques. La seconde, c'est le gain de cohérence et de compatibilité que le processus de réforme engagé par le Maroc a acquis au cours des dernières années.”

Pour le Maroc, est-ce un premier pas vers la demande de l'adhésion carrément à l'OCDE, qui compte actuellement une trentaine de pays ?

Le Maroc a déjà été admis au comité d'investissement de l'OCDE. Il s'agit là, avec son adhésion au centre de développement et à la suite de son accès au statut avancé avec l'Union européenne, d'une consécration internationale évidente. De là à ce qu'il soit membre de l'OCDE que de mutations nationales et internationales…
Après tout, le monde change, la gouvernance mondiale est appelée à changer. Qui sait de quoi l'avenir, même bien lointain, sera fait ?
Par ailleurs, cette adhésion ne pourrait-elle pas aussi se traduire par de nouvelles contraintes ou obligations pour le Maroc qui sera obligé de se conformer à l'ensemble des valeurs de cette organisation ?

C'est grâce à la prise en compte par les organismes internationaux du processus d'adaptation de son économie, de sa société et de ses valeurs culturelles aux exigences du monde moderne que le Maroc jouit, de plus en plus, de ces marques de reconnaissance internationale. Bien entendu, chaque position acquise dans ce cadre est une consécration de ses avancées et une feuille de route nouvelle pour de nouvelles générations de réformes à mener et de nouveaux objectifs à atteindre.

Lahcen Ouddoud - Le matin : 22 - 02 - 2009


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