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Effets du ramadan sur la consommation, les prix, l’inégalité et la pauvreté


Au cours de chaque année, le mois de ramadan se caractérise par une modification des comportements de consommation au Maroc. La dernière enquête sur le niveau de vie des ménages, réalisée par le HCP en 2006/07, comme celle sur la consommation des ménages 2001, couvrant une période de référence d’une année entière, permettent en particulier de saisir ces modifications, à travers les indicateurs de la consommation des ménages, l’inégalité et la pauvreté. La comparaison, mois par mois, de ces indicateurs montre les constatations suivantes.


Effets du ramadan sur la consommation, les prix, l’inégalité et la pauvreté
1. Au cours du mois de ramadan, les dépenses alimentaires sont les plus élevées des mois de l’année.

En 2007, elles ont été supérieures de 18,6% au niveau national, de 13,2% dans le milieu urbain et de 19,3% dans le milieu rural.

2. L’augmentation des dépenses alimentaires au cours du ramadan concerne pour l’essentiel les produits riches en protéines animale et végétale.

Il s’agit notamment des fruits frais dont la dépense au ramadan 2007 a augmenté de 104,1% par rapport au reste de l’année, suivis du "lait et produits laitiers" (62,2%), des boissons (53,8%) et des "viandes et volailles" (22,9%).

3. La hausse de la demande alimentaire des ménages n’est pas étrangère à l’augmentation traditionnelle du coût de la vie, constatée au mois de ramadan.

En 2007, l’indice du coût de la vie a enregistré l’augmentation la plus forte (1,3%) au cours de ce mois sacré, due essentiellement à la hausse des prix des produits alimentaires de 2,7% contre 0,2% pour les produits non-alimentaires. L’augmentation la plus élevée a été enregistrée notamment par les « légumes frais » (7,8%), les fruits frais (7,6%), le « lait, produits laitiers et œufs » (3,7%) et les « fruits secs » (3,4%).

4. Pour faire face à l’augmentation de la consommation alimentaire au cours du ramadan, les ménages ont tendance pour l’essentiel à réduire le budget non-alimentaire.

Cette réduction finance pour l’essentiel (95,0%) l’augmentation des budgets alimentaires, mais elle ne s’opère pas, dans les mêmes proportions, pour toutes les couches sociales. C’est ainsi que la réduction du budget non-alimentaire des 20% les moins aisés ne compense que 26,4% de l’augmentation des dépenses alimentaires. Le reste de l’augmentation des dépenses alimentaires (73,6%) est compensé par les crédits, l’épargne et la solidarité familiale et sociale. Globalement, la réduction des dépenses non-alimentaires se fait au détriment de l’"Enseignement, loisirs et culture" dont la dépense moyenne a été réduite de 24,1% au ramadan 2007, le "Transport et communication" (-20,0%), l’"Hygiène et soins de santé" (-14,4%), l’"Habitation et énergie" (-7,0%), et les équipements ménagers (-3,9%).

5. Les deux enquêtes citées précédemment montrent que le mois de ramadan éradique la pauvreté alimentaire, réduit l’inégalité et atténue la pauvreté.

La répartition des dépenses de consommation est moins inégalitaire au cours du ramadan. En 2007, la dépense totale des 20% les plus aisés des ménages qui est de 6,4 fois celle des 20% les moins aisés au mois de ramadan a été de 7,2 fois pour le reste des mois de l’année. Par ailleurs, la croissance de la consommation des ménages à revenu limité donne lieu à une réduction sensible de ce phénomène pendant le mois de ramadan. En 2007, le taux de pauvreté qui est de 6,1% pendant le mois sacré a été de 9,3% pendant le reste des mois de l’année. De son côté, la pauvreté alimentaire est pratiquement éradiquée pendant le mois de ramadan. A l'échelle nationale, son taux a été réduit à 0,1% au ramadan 2007 contre 1,0% pour le reste de l’année.

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