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Etude sur les calendriers au Maroc, quelles spécificités et quels impacts ?



Présentation de l'étude :

Chaque tranche temporelle qu’elle soit mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle présente des spécificités, dont quelques unes peuvent avoir un impact plus ou moins important sur les comportements des agents économiques dans les domaines de la production, de la consommation, de l’épargne etc. Ces spécificités peuvent être climatiques, sociales, institutionnelles ou culturelles, exigeant un traitement spécial des indicateurs économiques et sociaux dans le cadre de l’analyse conjoncturelle et de l’élaboration de prévisions infra-annuelles. Ce traitement consiste à purger ces indicateurs des effets saisonniers, pour permettre à l’analyste conjoncturiste de distinguer les évolutions sous-jacentes de l’économie. Il est opéré par le biais de techniques mathématiques et de logiciels informatiques complexes. Le HCP reste, dans ce sens, précurseur au niveau national en matière d’utilisation et de maîtrise de ces techniques. Une maîtrise qui garantit la crédibilité dont jouissent ses études de conjoncture et la précision qui caractérise ses prévisions.

Ces traitements permettent, parfois, de dévoiler des évolutions sous-jacentes substantiellement différentes de celles décrites par les indicateurs bruts. A titre d’illustration, l’indice de la production industrielle a connu, au premier trimestre 2012, une baisse de 3,2% par rapport au quatrième trimestre 2011. En le corrigeant des effets de la saisonnalité, cet indice a, à l’inverse, connu une hausse de 0,8%.

En plus des effets saisonniers purs, il existe d’autres effets irréguliers qui doivent être, également, pris en considération pour une lecture et une interprétation pertinente des évolutions économiques. Il s’agit, notamment, de ce qui est communément connu sous le nom d’effets de calendrier.

Au Maroc, l’étude de l’ensemble de ces effets s’impose d’autant plus qu’ils sont plus complexes à saisir, du fait de la coexistence de deux calendriers. Le grégorien adopté dans l’administration et le monde des affaires et l’hégire qui rythme la vie culturelle et sociale. Ces effets sont loin d’être négligeables, puisqu’ils peuvent influer sensiblement les activités économiques. A titre d’exemple, les ventes de ciment du mois de janvier de 2006 avaient enregistré une baisse de 10,2%, en variation annuelle, alors que les autres mois, avant ou après, signalaient des hausses soutenues. En fait, cette évolution avait subi les effets de Aïd al Adha qui a coïncidé avec ce mois de janvier. Sans cet événement, ces ventes auraient connu une augmentation de 1,6%.

D’autres exemples peuvent être donnés pour illustrer l’impact de Aïd Al Adha sur les indicateurs économiques. Ainsi, l’avènement de cette fête se traduit par une baisse de l’activité de la pêche de 58,8% et une amélioration du flux net des concours à l’économie d’environ 5,9 milliards de dh. Il en est de même pour les effets calendaires liés au mois de Ramadan. En effet, ce dernier se traduit, en moyenne, par un différentiel positif de 0,8% au niveau des prix alimentaires, de 4,9% et 4,1% respectivement pour les importations des produits alimentaires et des biens de consommation.

Eliminer les effets de calendrier suppose, en fait, de pouvoir disposer au préalable d’un ensemble d’outils, sans lesquels aucune correction n’est possible. C‘est la raison pour laquelle le Haut-commissariat au plan a, pour la première fois au Maroc, œuvré pour la construction du calendrier marocain, basé sur une étude rétrospective sur plus de cinquante ans (1961-2012) et hébergeant les dates du calendrier grégorien et celles de l’hégire en années, mois et jours de la semaine. Ayant nécessité un travail de longue halène, la confection de celui-ci place notre pays parmi les pionniers dans le monde arabe, le réconfortant davantage dans sa position de leader en matière de qualité de ses statistiques.

Cette étude a permis de disposer d’informations sur certaines variables qui influent l’activité économique, montrant par exemple que les marocains travaillaient plus aux deuxième et quatrième trimestres et beaucoup moins au premier. Par ailleurs, l’analyse mensuelle indique, qu’en moyenne ce sont les mois de février et de novembre où les marocains travaillent le moins (le premier pour un nombre de jours potentiellement faible et le deuxième pour un nombre structurellement élevé de jours fériés). La configuration spatiale a, pour sa part, mis en lumière le fait que des écarts peuvent exister entre des pays pourtant voisins, comme c’est le cas, par exemple, du Maroc et des pays du Maghreb (Tunisie ou l’Algérie) ou de certains pays de l’Union européenne (France, Allemagne ou l’Italie). Ainsi, au niveau annuel, l’on travaille globalement moins au Maroc (d’une journée à une journée et demie) que la Tunisie, la France et l’Italie.

Par ailleurs, l’étude a montré que l’alternance des années abondantes et communes n’avait pas suivi totalement les versions algorithmiques astronomiques les plus reconnues. Un décalage d’un à deux jours s’est produit une année sur trois. S’agissant de la durée des mois, l’étude a montré, par exemple, que deux années sur trois, le mois de Ramadan comportait 29 jours. Quant aux jours d’avènement du nouvel an hégire, l’étude a mis en exergue la fréquence relativement importante du vendredi. Ce dernier a correspondu, dans près d’une année sur quatre, au début de l’année hégire, suivi par le mercredi, alors que le jeudi était le jour d’avènement le moins fréquent. En ce qui concerne le Ramadan, ce sont, à l’inverse, les jeudis et les mardis qui ont coïncidé le plus avec le début de ce mois sacré, avec des fréquences d’occurrence de près de 21% et 17% respectivement.

Outre l’utilité de cerner les effets calendaires pour une meilleure interprétation des séries statistiques, leur prise en compte permet d’améliorer la qualité des modèles et donc des prévisions. Ceci est de nature à donner aux analyses de conjoncture, effectuées au niveau du HCP, une valeur ajoutée certaine aussi bien au niveau du diagnostic que des prévisions, en vue de mieux éclairer les agents économiques pour la prise de décision. 

Les publications de l'étude :


Evénement organisé à l’occasion de la présente étude :


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