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Investissement public, consommation des ménages, moteurs de croissance pour…2011



Investissement public, consommation des ménages, moteurs de croissance pour…2011
 
La Nouvelle Tribune : Il y a peu, le taux de croissance annoncé pour 2010 a été revu légèrement à la baisse. Qu'en est-il aujourd'hui ?
 
 Ahmed Lahlimi Alami : Sans préjuger de l'évolution de la crise internationale, nos estimations des agrégats macroéconomiques sont établies sur la base des données issues du suivi conjoncturel, notamment des comptes nationaux du 1er trimestre 2010. Ces comptes confirment la reprise de l'activité économique avec une augmentation du PIB hors agriculture de 5,4 % (1,5 % au 1er trimestre 2009). Globalement, les estimations de la croissance 2010 devraient confirmer la reprise des activités non agricoles. Le PIB devrait s'accroître de 5,9 % en 2010 alors qu'il était de 1,3 % en 2009, grâce à la reprise des activités du secteur secondaire comme les mines, les industries de transformation ou encore le bâtiment et les travaux publics.
 
En 2008, le taux de croissance était de 5,6 %, de 4,9 % en 2009. Qu'en sera-t-il en…2010 ? 
 
La croissance économique nationale pourrait se situer à environ 4 %, et ce grâce à la consolidation de la demande intérieure, notamment la consommation des ménages qui s'est améliorée de 5,2 %, en volume. En outre, il faut savoir que le dynamisme de la demande intérieure dope les importations en biens et services qui devraient atteindre 8,6 % en 2010. Un rythme supérieur à celui des exportations (7%).
 
Et sur le déficit de la balance des paiements qui ne cesse de se creuser ? 
 
Il devrait atteindre 5,6 % du PIB en 2010 contre 5 % en 2008 et en 2009, soit un excédent d'environ 2,6 %, par an, sur la période 2000 / 2007.
 
Est-ce dû à une crise qui commence à produire ces effets ? 
 
S'il est vrai que l'économie nationale a montré une certaine résilience aux effets de la crise, elle n'a pas pour autant manqué de subir progressivement son impact aux cours des années 2008 et 2009. Le secteur non agricole a vu sa croissance se réduire, passant de 6,2 % en 2007 à 5 % en 2008 et à près de 3,9 % en 2009. Selon une étude réalisée par nos services sur la base du modèle macroéconomique, notre pays aurait perdu près d'1 point de croissance en 2008 et environ 2,5 points de croissance en 2009.
 
Retour sur le présent et sur le futur proche. Qu'en sera-t-il des perspectives pour l'économie nationale en 2011 ?
 
 Une fois encore, c'est un contexte international pour le moins incertain qui se présente et s'ouvre à nous. Nos perspectives se basent sur le pari d'une reprise progressive de la croissance, conditionnée par la normalisation des conditions de crédit et du retour des Investissements directs étrangers (IDE) vers les marchés émergents. Toutefois, la zone Euro est toujours marquée par une lenteur de sa reprise économique. Dans ce contexte, la croissance de l'économie mondiale devrait se situer à environ 4,3 % en 2010 et 2011 et le commerce international pourrait connaître une hausse de 6,1 % en 2011 (7% en 2010). La demande mondiale adressée au Maroc (évaluée selon la structure géographique des échanges extérieurs) pourrait se hisser à 6,2 % en 2010 et 5,8 % en 2011 (- 10 % en 2009).
 
Et en matière de prévision du taux de croissance pour l'année 2011 ? 
 
Sur la base de l'hypothèse de reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2010, que ce soit en matière de fiscalité, de dépenses d'investissement et de fonctionnement ou encore du soutien des prix à la consommation, la croissance nationale pourrait être de 4,3 % en 2011. On devrait avoir un PIB non agricole de l'ordre de 5,7 % pour le secteur secondaire et 5,3 % pour le secteur tertiaire. Quant au secteur primaire, il pourrait accuser une légère baisse de sa valeur ajoutée d'environ 2,7 %.

Propos recueillis par Rachid Hallaouy - La Nouvelle Tribune le 08-07-2010


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