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L'Economie nationale en 2010 et 2011


Le Haut Commissariat au Plan a élaboré le budget économique prévisionnel, comme il est de coutume au mois de janvier de chaque année. Il présente une estimation de la croissance économique nationale en 2010, ainsi que les prévisions pour l’année en cours.


L'Economie nationale en 2010 et 2011
Ce document se réfère aux résultats des enquêtes trimestrielles et des travaux de suivi et d’analyse de la conjoncture menés par le Haut Commissariat au Plan et d’autres organismes et d’autres départements ministériels et organismes financiers durant l’année 2010.

Il intègre les effets des dispositions budgétaires de la loi de finances 2011 adoptées par le Parlement, notamment, en matière d’investissement, de fiscalité, de salaire et de subventions des prix.

Hypothèses de l’environnement international

Les perspectives économiques publiées en janvier 2011 confirment la reprise économique mondiale amorcée en 2010 et prévoient sa consolidation en 2011, respectivement de 5% en 2010 et 4,4% en 2011. Les principales hypothèses retenues dans ce cadre sont :

* la demande mondiale adressée au Maroc devrait augmenter de 6% en 2011 après une hausse de 8% enregistré 2010 ;

* le cours moyen du pétrole brut atteindrait 89,5$/baril au lieu de 79$ en 2010 et la parité euro-dollar se situerait à 1,39 au lieu de 1,33 en 2010.

* Les prix des matières premières non énergétiques devraient s’accroitre de 11% en 2011 après une forte hausse de 23% en 2010.


L’économie nationale en 2010

L’économie nationale aurait progressé de 3,3% en 2010 après une croissance de 4,9% enregistrée en 2009.
Les activités non agricoles auraient réalisé un taux d’accroissement de 5% après le net ralentissement de 2009, avec une croissance de 1,3%. Ce résultat aurait largement compensé la baisse de 7,1% de la valeur ajoutée du secteur primaire par rapport aux performances exceptionnelles de 2009.

Les composantes du PIB auraient été marquées par un net recul de la contribution de la demande intérieure estimée à 1,4 point de croissance au lieu de 7,2 points en moyenne de la période 2006-2009, dû notamment au ralentissement de la consommation finale des administrations publiques et de la légère baisse de la variation des stocks. Quant à la demande extérieure, elle aurait contribué positivement à la croissance du PIB avec 1,9 point au lieu d’une contribution négative de 1,3 point en 2009. Cette performance du commerce extérieur est attribuable à une hausse exceptionnelle des exportations de marchandises d’environ 29% en valeur, associée à une légère croissance des importations de marchandises de 13% en 2010.

Perspectives de l’économie nationale en 2011

Les dispositions de la loi de finances 2011, notamment la hausse de l’investissement des administrations publiques de 21,4%, les dépenses de subvention des prix à la consommation prévues à 17 milliards de dirhams, la hausse de la masse salariale des administrations de près de 7% et les mesures fiscales mises en œuvre en faveur des petites entreprises (TPE), devraient contribuer à la consolidation la demande intérieure.

En outre, tenant compte du volume pluviométrique enregistré jusqu’au fin janvier et de sa répartition dans le temps et dans l’espace, la production céréalière est supposée se situer aux alentours de 70 Millions de quintaux durant la campagne agricole 2010-2011.

Sur la base des ces données et de l’évolution de l’environnement international, l’économie nationale s’accroîtrait , globalement, de 4,6% en 2011 au lieu de 3,3% en 2010.
Avec un scénario de production céréalière d’environ 90 Millions de quintaux durant la campagne agricole 2010/2011, la croissance de l’économie nationale devrait gagner un demi-point pour se situer à environ 5,1% au lieu de 4,6% retenu dans le scénario moyen.

En restant dans le scénario d’une croissance économique nationale de 4,6%, la demande finale intérieure devrait contribuer pour 4,6 points à cette croissance au lieu de 1,4 point seulement en 2010. La demande extérieure, qui a contribué positivement à la croissance du PIB en 2010 par 1,9 point, devrait enregistrer une contribution presque nulle en 2011.

De son côté, l’inflation, exprimé par l’indice du prix implicite du PIB, ne dépasserait pas 2,5% en 2011 au lieu de 0,8% en 2010, et ce malgré l’accentuation du renchérissement des cours de pétrole et des produits de base au niveau du marché international. Les dépenses de compensation retenues pour 2011 et la gestion de la politique monétaire devraient soutenir en grande partie les prix à la consommation sur le marché domestique.

Au plan des équilibres macroéconomiques, le déficit budgétaire passerait de 4,2% du PIB en 2010 à 3,6% en 2011, alors que le déficit des finances extérieures qui a enregistré un net allègement en 2010 pour s’établir à 2,7% du PIB au lieu de 5% du PIB en 2009, devrait connaître à nouveau une augmentation pour atteindre 3,6% du PIB en 2011. Ce besoin de financement exprime l’écart entre le taux d’épargne nationale qui serait de 32% du PIB et le taux d’investissement qui se maintiendrait à un niveau élevé de 35,6% du PIB.

Au cours des mois prochains, l’ensemble des chiffres publiés dans ce budget économique prévisionnel seront révisés pour tenir compte d’éventuelles mesures que prendraient le gouvernement pour faire face à la hausse certaine des prix de pétrole et des produits alimentaires de base à des niveaux supérieurs à ceux retenus dans la loi de finances 2011.

Au terme de ces perspectives économiques pour 2011, quelques observations méritent d’être soulevées :

* Les activités économiques non agricoles, après avoir marqué le pas sous l’effet de la crise économique mondiale, auraient renoué avec la croissance ascendante d’avant crise, particulièrement les services marchands.

* La demande intérieure devrait continuer à contribuer à la croissance économique, bien qu’à un rythme moins soutenu que par le passé.
* La variation des stocks devrait représenter 4% du PIB. Etant donné ce niveau élevé, et pour une meilleure gestion du cycle des stocks, il s’avère nécessaire de renforcer la logistique et l’assainissement du commerce intérieur et extérieur.

* Le besoin de financement ressort clairement de la tendance à la baisse du taux d’épargne intérieure relevée ces dernières années. Le gap entre l’épargne intérieure et le taux d’investissement n’a pas en effet cessé de se creuser, passant d’une moyenne de 6,3% du PIB entre 2004-2007 à 11,5% entre 2008 et 2011 (il passerait de 9,6% du PIB en 2010 à 11,4% du PIB en 2011).

* Jusqu’à présent le gap entre l’investissement brut et l’épargne intérieure a été financé par les revenus nets en provenance du reste du monde, les IDE et les emprunts extérieurs. L’évolution de l’environnement international, dont les risques de dégradation demeurent élevés, devrait interpeller notre pays sur la double exigence d’une meilleure mobilisation de l’épargne intérieure d’une part et d’une amélioration de la compétitivité des entreprises et du maintien de l’attractivité économique nationale d’autre part.

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