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Les Comptes nationaux


Les Comptes nationaux sont aujourd’hui produits en base 1998 et en conformité avec le SCN 1993. Il est à rappeler que le HCP publie régulièrement, depuis le mois d’octobre 2006, des données établies selon cette base. Couvrant la période allant de 1998 à 2008, ces données se rapportent notamment aux activités de production et aux échanges extérieurs ainsi qu’aux principaux agrégats de la nation.


Les Comptes nationaux
Une opération de rétropolation des comptes nationaux de base 1980 en base 1998 est également en cours pour permettre de disposer des séries longues et homogènes facilitant, entre autres, les travaux de modélisation économique. Les résultats de cette opération, sont disponibles actuellement pour la période 1990-1997. Il se dégage de ces résultats que le PIB recalculé selon la base 1998 est en hausse d’environ 12% en moyenne par rapport à celui de base 1980.

En outre, à l’instar des pratiques des pays européens, le HCP compte changer l’année de base des comptes nationaux tous les cinq ans après avoir achevé le passage à la base 2006 dont les travaux sont déjà entamés.

Par ailleurs, des avancées, encore plus importantes, sont aujourd’hui franchies dans la production des comptes nationaux. Ce qui permet ainsi de disposer d’un large éventail d’outils pour l’analyse et pour la définition et l’évaluation des politiques économiques. Ces outils comprennent les comptes relatant tous les flux économiques, en particulier ceux permettant une analyse plus fine des transactions sur les produits et de l’activité de production ainsi que ceux destinés à l’analyse institutionnelle des phénomènes économiques. En plus, des tableaux, produisant des synthèses de ces comptes, permettent une analyse intégrée de tous les aspects précités.

Ces outils vont dorénavant permettre en particulier d’affiner l’analyse du système productif national et de suivre l’évolution de la contribution des secteurs institutionnels à la formation du PIB et de leurs comportements économiques.

D’ores et déjà quelques aspects de l’évolution de l’économie nationale durant la période 1998-2007 peuvent être mis en exergue. Il s’agit particulièrement de la croissance économique, des ses sources sectorielles et factorielles ainsi que de la répartition de la valeur ajoutée globale entre les secteurs institutionnels.

Ainsi, la croissance économique s’est nettement améliorée durant les années 2000 comparativement à celle de la décennie 90. Le produit intérieur brut (PIB) en volume s’est accru de 4,6% par an en moyenne entre 2000 et 2007 au lieu de 2,6% par an durant la période 1990-1999.

Cette progression s’explique par l’évolution ascendante des activités non agricoles, notamment le bâtiment et travaux publics (BTP) et les services. En effet, la valeur ajoutée non agricole a augmenté d’environ 4,8% par an au lieu de 3,1% par contre 1990 et 1999. Le BTP a profité du dynamisme du secteur de l’habitat social et des projets structurants d’infrastructures économiques. Les services, de leur côté, ont été boostés par la libéralisation du secteur des télécommunications et des opérations de privatisations ainsi que par les performances des activités financières, des transports, de l’hébergement et restauration et des services rendus aux entreprises.

La contribution des services au PIB a atteint 52,2% en 2007 au lieu de 48,2 en 1999 et 43,8% en 1990. Celle du BTP est passée de 4,5% en 1990 à 3,7% en 1999 et à 6% en 2007. En revanche, les parts de l’agriculture (y compris la pêche) et des industries de transformation sont en baisse. La part de l’agriculture a régressé de 16,8% du PIB en 1990 à 15,5% en 1999 et à 13,7% par an en moyenne durant la période 2004-2007. De même, celle des industries de transformations s’est située à 13,3% en 2007 au lieu de 15,9% en 1999 et 16,4% en 1990.

La croissance économique durant la période 1999-2007 a été tirée essentiellement par la demande finale intérieure, composée des dépenses de consommation des ménages et des Administrations Publiques ainsi que de la formation brute de capital fixe (FBCF). La politique expansive de l’Etat durant ces dernières années, en termes de fonctionnement que d’investissement, conjuguée à l’amélioration des pouvoirs d’achat des ménages soutenue par leur accessibilité au financement bancaire, expliquent en grande partie cette évolution. Ainsi, la demande finale intérieure (y compris la variation des stocks) a contribué pour 5 points par an en moyenne à la croissance économique durant cette période contre une contribution négative de 0,4 point des échanges de biens et services nets. Cette contribution négative aurait pu être plus accentuée si ce n’était les performances enregistrées des exportations des services notamment l’activité du tourisme international.

En effet, le solde des échanges extérieurs de biens et de services a enregistré un déficit de plus de 9% du PIB en 2007, alors qu’il s’est situé entre 2,1% et 5,6% de 1998 à 2006. L’accroissement en volume des exportations de biens et services de 8,7% en moyenne annuelle entre 1998 et 2007 grâce à la forte poussée des exportations des services et des recettes touristiques (15,2% en moyenne par an) n’a pas empêché l’expansion de ce déficit. Les importations en volume se sont développées de 8,0% en moyenne par an, passant de 28,1% en 1998 du PIB à 44,9% en 2007, sous l’effet du démantèlement tarifaire, favorisant l’orientation de la consommation des ménages résidents vers les produits extérieurs, et suite aux besoins excessifs de l’économie nationale en biens d’équipement.

Par ailleurs, la richesse accumulée durant la période 1998-2007 reste marquée par l’accroissement de la part de la rémunération des salariés dans le PIB qui est passée de 32,5% en 1998 à 34,9% en 2007. La part de la rémunération du capital, quant à elle, approchée par l’excèdent brut d’exploitation (y compris le revenu mixte des entrepreneurs individuels), s’est située à 64,3% du PIB en 2007 au lieu de 66,3% en 1998.

En termes de croissance, la rémunération des salaires s’est accrue de 6,3% par an en moyenne entre 1998 et 2007 contre 5,1% par an pour l’excédent brut d’exploitation. L’amélioration de la masse salariale globale a été confortée par l’augmentation qu’a connue l’emploi salarié durant cette période. Celui-ci a progressé de 2,8% par an entre 1998 et 2007 et sa part dans l’emploi total est passée de 38,8% à 44%, au détriment de l’emploi non salarié, particulièrement des indépendants et des aides familiales et apprentis, dont l’accroissement n’a pas connu de changement significatif.

Il est à souligner, néanmoins, que le rythme d’accroissement des actifs salariés a été inférieur à celui de la masse salariale, ce qui dénote d’une valorisation nominale des salaires durant la période 1999-2007.

Au plan des secteurs institutionnels, les sociétés (financières et non financières) ont renforcé leur contribution dans la valeur ajoutée de l’économie nationale, passant de 43% en 1998 à 48,4% en 2007, tendance soutenue par les performances qu’ont connues certaines entreprises, notamment dans les télécommunications et les activités financières. La contribution du secteur des Administrations Publiques s’est également consolidée en se situant à 18% au lieu de 15,3% en 1998 suite aux valorisations qu’ont connues les traitements et salaires des fonctionnaires de l’Etat depuis la fin des années 90. En revanche, la contribution des ménages (y compris les entreprises non constituées en sociétés appartenant aux ménages) a régressé à 35% en 2007 au lieu de 41,7% en 1998, sous l’effet d’une amélioration de l’activité formelle de l’économie au détriment du secteur informel.

De manière générale, l’affectation des rémunérations des facteurs aux agents économiques, en y intégrant les impôts nets de subventions sur la production et sur les produits ainsi que les transferts des revenus de la propriété échangés avec le reste du monde, dégage un revenu national brut (somme des revenus primaires des secteurs institutionnels) en augmentation de 5,5% par an durant la période 1998-2007. En se limitant à la période 2003-2007, le revenu primaire brut des agents économiques au niveau national s’est amélioré d’environ 7% par an.

Le revenu primaire fait l’objet, par ailleurs, de prélèvements fiscaux, notamment l’impôt sur le revenu et sur les sociétés. L’analyse des comptes économiques intégrés montre que la pression fiscale subie par les agents économiques est en hausse depuis 1998. Le total des impôts courants sur le revenu est passé de 11,3% du revenu primaire à 16,7% en 2007. L’accentuation de la pression fiscale a été plus manifeste chez les entreprises que chez les ménages. Elle est passée de 5,6% en 1998 à 6,9% en 2007 chez les ménages alors qu’elle a atteint 24,6% chez les sociétés (financières et non financières), au lieu de 13,1% en 1998.

Au plan des prélèvements sociaux, les cotisations des ménages aux régimes de sécurité sociale et aux régimes internes des entreprises sont également en augmentation. Elles ont représenté 10,5% du revenu primaire des ménages en 2007 au lieu de 7,1% en 1998.

En intégrant au revenu primaire, l’évolution des prestations sociales et des transferts sociaux en nature en faveur des ménages ainsi que des flux des transferts courants entre les différents agents économiques (y compris le reste du monde), il se dégage le revenu national brut disponible (RNBD) qui s’est accru de 6,6% par an en moyenne entre 1998 et 2007. Un accroissement qui a été soutenu également par l’augmentation substantielle des transferts courants en provenance du reste du monde (particulièrement les transferts des MRE), de l’ordre de 14,7% par an.

La répartition du revenu selon les secteurs institutionnels (agents économiques) montre une amélioration de la contribution du revenu disponible brut des administrations publiques au détriment particulièrement de celui des ménages. La part des administrations a atteint 22,7% en 2007 au lieu de 18,2% en 1998. En revanche, celle des ménages a fléchi de 68,1% à 64,1%. Le reste du RNBD constitue la contribution des sociétés, qui s’est située entre 13,1% et 13,7% durant cette période.

Parallèlement, les dépenses de consommation finale (ménages et administrations publiques) ont connu un rythme d’accroissement inférieur à celui du RNBD, soit environ 5,6% par an, ce qui fait ressortit ainsi une amélioration considérable de l’épargne nationale brute disponible de près de 6 points de pourcentage du RNBD, pour se situer à 29,7%.

Ce résultat est dû particulièrement à l’évolution ascendante de l’épargne des administrations publiques qui a été multiplié par cinq fois durant la période 1998-2007 et a représenté 20,1% de l’épargne nationale au lieu de 8,2% en 1998. Rapporté à leur revenu disponible brut, l’épargne des administrations publiques s’est située a près de 26,4% en 2007 au lieu de 11,2% en 1998, résultat qui constitue une certaine performance si l’on tient compte de la politique budgétaire expansive conduite durant depuis quelques années. Les dépenses de consommation finale des administrations publiques sont passées d’une moyenne annuelle de 68,9 milliards de dirhams durant la période 1998-2000 à 85,4 milliards durant 2000-2004 et à 107,1 milliards durant 2005-2007.

L’épargne des ménages, quant à elle, même si elle a été multipliée presque par deux fois durant cette période, a vu sa part dans l’épargne nationale baisser de 37,3% en 1998 à 35,9% en 2007. Néanmoins, comparée à leur revenu disponible brut, cette épargne a dégagé une hausse de trois points, en passant de 13,6% à 16,6% respectivement.

Sur le registre de l’investissement, la période 1998-2007 a été marquée, comme il est souligné plus haut, par une grande performance de la FBCF, qui a plus que doublé, en se situant à 192 milliards de dirhams en 2007 contre 89,9 milliards en 1998. Tous les agents institutionnels ont participé à cet essor puisque leurs investissements ont augmenté de manière significative. Toutefois, il convient de mentionner la hausse considérable des investissements des sociétés (y compris les établissements publics) qui ont contribué pour 65% par an à la variation annuelle en absolue de la FBCF durant la période 2004-2007. La contribution des ménages, quant à elle, s’est maintenue entre 22% et 38% par an.

Globalement, l’investissement brut, composé de la FBCF et de la variation des stocks, s’est amélioré de 5,7 points de pourcentage, en passant de 24,1% du RNBD en 1999 à 29,8% en 2007.

De ce fait, le compte épargne-investissement a enregistré un excédent de financement de l’ordre de 1,7% du RNBD par an en moyenne durant la période 2000-2007. Par rapport au PIB, cet excédent a représenté 1,8% par an et s’est situé à près de 3% par an en excluant les années 2000 et 2007.

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