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Note de Conjoncture - Janvier 2009 -


Ce communiqué, qui fait état de la situation des principaux indicateurs économiques, observés au cours du troisième trimestre 2008, relate les estimations pour le quatrième trimestre et présente les prévisions pour le premier trimestre 2009. La révision de l’estimation de la croissance économique nationale en 2008, ainsi que ses perspectives d’évolution pour l’année 2009, seront retracées dans le cadre du budget économique prévisionnel et publiées prochainement par le HCP.

La présente analyse conjoncturelle a été établie sur la base des informations tirées des enquêtes de conjoncture, des enquêtes sur les prix et la production, effectuées périodiquement par le HCP, ainsi que des statistiques administratives à caractère infra-annuel.



Au premier trimestre 2009, l’activité économique nationale évoluerait dans un contexte empreint d’incertitudes concernant l’ampleur des répercussions de la crise financière internationale et la poursuite du fléchissement des prix des matières premières. Hors agriculture, la croissance de la valeur ajoutée se situerait aux alentours de 3,9%, en variation annuelle, contre 6,2%, réalisée au premier trimestre 2008. Ce ralentissement, amorcé à fin 2007, s’est accentué tout au long de l’année 2008 et pourrait perdurer au cours de la première moitié de l’année 2009. Toutefois, les perspectives d’une campagne agricole, au dessus de la moyenne quinquennale, continueraient de maintenir la croissance économique globale à des taux plus élevés, soit 6,6% au premier trimestre 2009, contre 4,8% un trimestre plus tôt.

Contraction de l’activité mondiale fin 2008 et début 2009 …

Confirmant la morosité, entamée depuis l’été 2007, l’activité des pays industrialisés continuerait d’être affectée par les prolongements des retombées de la crise économique mondiale, matérialisés par des restrictions de l’accès au crédit, des pertes de richesse et un repli de la demande intérieure. Elle reculerait, ainsi, au premier trimestre 2009, de 0,4%, en variation trimestrielle, après une baisse, estimée à 0,9% au quatrième trimestre 2008. Les pays émergents ne seraient pas totalement épargnés par ce mouvement récessif et pourraient être confrontés à une nette réduction des débouchés dans les pays avancés et au durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux. Toutefois, le fléchissement de la croissance mondiale serait accompagné d’un apaisement des tensions inflationnistes, suite au reflux des cours internationaux des matières premières, enclenché depuis la fin
du troisième trimestre 2008. L’inflation aux Etats-Unis et en zone euro ne devrait pas dépasser les 1,4% en 2009, après 3,6% et 3,4% réalisés respectivement en 2008.

…et essoufflement de la demande étrangère adressée au Maroc
Conséquence du repli de l’activité chez nos principaux partenaires commerciaux, la demande étrangère de biens adressée au Maroc progresserait à un rythme plus modéré en 2009. Celle-ci a réalisé une hausse de 2,8% seulement au troisième trimestre 2008, contre 9% un an plus tôt. Cette tendance risquerait de se prolonger au premier trimestre 2009, avec un taux d’accroissement ne dépassant pas les 2%, compte tenu des perspectives de croissance économique mondiale assez ternes et de la décélération du commerce international.

Après s’être favorablement comportées sur la première moitié de l’année 2008, les exportations de biens, corrigées des variations saisonnières, ont ralenti au troisième trimestre (+4,1% en glissement trimestriel), avant de se replier au quatrième (-16,3%), suite à la chute des ventes extérieures des phosphates et de leurs dérivés qui est intervenue, après une forte hausse aux premier et deuxième trimestres. Hors phosphates et dérivés, les produits alimentaires et les biens d’équipement ont soutenu quelque peu les exportations, alors que les biens de consommation ont souffert du tassement de la demande étrangère. Les importations, dopées par les produits énergétiques, les demi-produits et les biens d’équipement, ont augmenté, au troisième trimestre, de 10,1% en glissement trimestriel. Elles auraient, toutefois, nettement reflué au quatrième trimestre, profitant quelque peu du repli des cours des matières premières sur le marché international.

Perte de vitesse de la croissance des activités non-agricoles

Dans le sillage de la décélération de la demande étrangère, la croissance économique globale se serait abaissée à 4,8%, au quatrième trimestre 2008, pour clore, ainsi, l’année avec un taux estimé à 5,8%. Cette performance masque, toutefois, un effritement de la production des principales branches tournées vers l’export. L’industrie, avec une croissance de 2,7%, au troisième trimestre 2008, se situe à un niveau en deçà de sa tendance de moyen terme. Cette évolution incombe, en particulier, à l’atonie des industries du textile-habillement et de l’électronique, comme l’atteste le repli des ventes extérieures de la confection, de la bonneterie et des composants électroniques de 7,1%, 16,8% et 23,5% respectivement, au cours de la même période.

Le secteur touristique semble, également, subir les effets d’un environnement international peu propice. L’évolution favorable des nuitées des touristes résidents n’a pas pu compenser le recul de celles des étrangers. Ainsi, au cours des onze premiers de l’année, les nuitées globales, corrigées des variations saisonnières, ont baissé de 2,3% par rapport à la même période de l’année passée, et le taux d’occupation s’est contracté de 4 points.

Des signes d’essoufflement apparaissent, aussi, au niveau des secteurs tirés par la demande intérieure. C’est ainsi que le rythme de croissance des activités de construction se serait établi à 8,8% environ au quatrième trimestre 2008, après s’être affermi de 10,7% au deuxième trimestre. Les ventes de ciment, dont le taux d’évolution a décéléré, atteignant 3,8%, contre 13,5% au deuxième trimestre, confortent ce constat.

Dans le même sens, la valeur ajoutée du secteur énergétique semble glisser dans une phase conjoncturelle défavorable qui devrait perdurer au début de 2009. Elle a été, principalement, initiée par le revirement de la production électrique, dont l'évolution a marqué le pas (-0,1%) au troisième trimestre, après 8,5% enregistré un trimestre plus tôt. Ce marasme s'est propagé aux activités de raffinage, qui ont vu leur production se réajuster à une demande locale moins dynamique.

En revanche, les activités agricoles connaissent un mouvement sensible de relance. La campagne agricole 2008/09 s’annonce largement favorable et promet de ramener l’écart de production au-delà de son niveau tendanciel. A fin décembre 2008, le cumul pluviométrique a dépassé celui d’une année normale de 106%. Cet excédent a concerné l’ensemble des régions agricoles et a induit une élévation de 40,7% des réserves en eau des barrages à usage agricole. Dans ces conditions, et compte tenu d’une campagne céréalière avoisinant les 70 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole pourrait progresser de 22,2% au premier trimestre 2009, contribuant, ainsi, de 2,9 points à la croissance économique nationale.

La consommation soutient la demande intérieure

Au delà des perturbations apportées par l’environnement international, la demande globale se serait maintenue, grâce, notamment, à un renforcement de la consommation privée (7,8% en 2008, en volume, contre 3,8% en 2007). Cette accélération est intervenue, alors que les ménages devaient faire face à un contexte défavorable, marqué par une reprise sensible des tensions inflationnistes et une évolution modérée du marché de l’emploi. En effet, l’inflation sous-jacente a fortement progressé, passant de 2,8% au mois de janvier 2008, à 5,5% six mois plus tard. Ces tensions semblent, néanmoins, s’apaiser à fin 2008 et début 2009, profitant de la décélération des prix des matières premières importées, notamment ceux des produits alimentaires hors frais. Globalement, le glissement annuel des prix à la consommation pourrait atteindre 3,4% au premier trimestre 2009, contre 3,9% un trimestre auparavant.

Le marché de l’emploi a poursuivi son évolution favorable entamée depuis 2006, tout au long des trois premiers trimestres 2008. Les créations nettes d’emplois ont atteint 145 mille postes, contre 112 mille en 2007. Ce sont particulièrement les services marchands et le BTP qui ont le plus contribué à cette performance. Au troisième trimestre, le taux de chômage a atteint 9,9%, soit le même niveau qu’en 2007.

La conjonction des chocs financier et économique, qui ont affecté les économies avancées, a cassé l’élan de croissance des revenus extérieurs. A fin novembre 2008, les transferts des MRE ont enregistré une régression de 1,2%, par rapport à la même période de 2007. Néanmoins, les dépenses de consommation des ménages résidents se sont renforcées, grâce à un recours plus intense au financement bancaire. C’est ainsi que les crédits à la consommation ont progressé de 32%, en variation annuelle, au terme des onze premiers mois de 2008. Parallèlement, les importations de produits finis de consommation ont crû de 9,6%.

Au début de 2009, les ménages pourraient bénéficier de l’effet conjugué de l’amélioration des revenus agricoles et de l’allégement des impôts versés. Ils devraient, néanmoins, faire face à une contraction de l’offre d’emplois, sur fond de ralentissement probable des activités non-agricoles.

Quoiqu’en léger retrait par rapport aux performances réalisées en 2007, l’évolution de l’investissement est resté soutenu en 2008. L’investissement en travaux publics a continué de profiter d’une politique publique de relance, comme l’atteste le raffermissement de 36,7%, à fin novembre 2008, des dépenses d’investissement budgétaire consacrées au Fond routier. De leur côté, les investissements industriels se sont poursuivis, tout au long des trois premiers trimestres de 2008, traduisant une volonté de modernisation des équipements industriels et un effort de rattrapage face à un climat peu favorable au renforcement de l’activité. C’est ainsi que les importations des biens d’équipement et les crédits y afférents ont affiché une progression respective de 26,7% et 26%, en variations annuelles, au terme des onze premiers mois de 2008.

En revanche, les recettes des IDE, qui avaient fortement dopé les projets de construction en 2007, ont vu leur rythme de croissance fléchir de 23,1%, à fin septembre 2008, en comparaison avec l’année précédente. Ce mouvement baissier s’est accentué, essentiellement, au cours du troisième trimestre, comme en témoigne le recul de 15,6%, en glissement trimestriel, des investissements étrangers destinés à l’immobilier. Pour sa part, l’investissement en actifs boursiers a continué sa correction à la baisse, après un cycle de forte croissance en 2006 et 2007. L’indice MASI a terminé l’année 2008, avec un repli de 13,5%. Le volume des échanges a subi les effets de la correction et a reculé de 33,6%.

Pour plus de détails, se référer à la publication « Note de conjoncture n°13 », hébergée sur le site du Haut-commissariat au Plan (www.hcp.ma). La reproduction des informations, contenues dans cette publication, est autorisée, sous réserve d’en mentionner expressément la source.

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