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Situation économique nationale en 2017 et ses perspectives pour 2018 - Haut-Commissaire au Plan


Extraits :

- Le paysage économique mondial présente des séquences sur lesquelles nous devrions nous arrêter et que nous devrions prendre comme autant de sources d’enseignements à méditer, voire de messages à capter pour en tirer des leçons au profit de notre propre pays
- La 1ère séquence porterait sur cette accélération inédite du déploiement de la révolution numérique et la portée des mutations qu’elle génère dans les activités et les comportements de plus en plus d’agents économiques et sociaux, dans les sphères de la production, des échanges, du travail  et de la consommation
- La 2ème séquence porterait, au-delà des cycles économiques dans tel ou tel continent, sur la leçon que nous devrions tirer de cette dynamique nouvelle quasi-générale qu’auraient connues, au cours des années 2017 et 2018, les réformes de structure, dans la quasi-totalité des pays soucieux de préserver ou d’acquérir une plus grande compétitivité dans un monde où se généralisent les zones de libre-échange, au point de susciter les contestations les plus inattendues
- Notre pays serait particulièrement bien inspiré de tirer les leçons qu’il convient des enseignements que véhiculent les deux séquences retenues du paysage économique mondial dont l’évolution aurait, au cours de 2017 et 2018, apporté des opportunités d’amélioration de nos propres performances économiques.
- Mr Lahlimi a également évoqué un "stress social inhérent aux phases de transition", qui s’accroit avec les mutations des modèles de consommation où émergent de nouveaux besoins dont la satisfaction a tendance à être plus onéreuse sans commune avec le niveau des revenus disponibles."boursenews.ma"


Présentation générale par Monsieur Ahmed Lahlimi Alami, Haut-Commissaire au Plan, sur la situation économique nationale en 2017 et ses perspectives pour 2018

Lors de la présentation du Budget Economique Prévisionnel en janvier 2016, j’avais été amené à baptiser 2015 l’année des incertitudes. 2016 s’annonçait alors comme celle d’une sortie incertaine des prolongements économiques et monétaires de la crise internationale de 2008. On peut être porté à croire que 2017 marquerait le reflux de cette crise et l’ouverture du monde sur une nouvelle ère de croissance plus sereine. Ce qui est en tout cas sûr, c’est que cette année aurait connu la montée d’une nouvelle génération de réformes structurelles dans les pays qui se préparent à être, dans un avenir de plus en plus proche, les bénéficiaires de la compétitivité numérique.
 
Contexte international
 
Avec des économies reflatées, des politiques budgétaires et monétaires normalisées, des structures sociales et institutionnelles profondément réformées dans les pays leaders des grands ensembles économiques du monde développés, émergents et en développement devraient amener ces derniers à renouer avec la croissance et, à la faveur d’une évolution modérée des prix des matières premières, contribuer au redressement du commerce mondial.
 
Dans ces conditions, les analyses des organismes internationaux prévoient une croissance pour 2017 de 2,3% aux Etats-Unis et 1,7% en Europe. En Asie, la Chine continuerait à connaitre une croissance relativement modérée de 6,6%, alors que l’Inde maintiendrait son leadership dans ce domaine avec 7,2% de croissance de son économie. Globalement, avec 4,5%, les économies des pays dits émergents seraient sur la voie de renouer avec leur dynamisme traditionnel, au fur et à mesure de la stabilisation des prix du pétrole et des dépassements par certains de leurs pays leaders, notamment le Brésil et l’Afrique du Sud, des dysfonctionnements politico-éthiques de leurs institutions. Les pays en développement seraient appelés à mieux performer avec le redressement à 3,8% du commerce international et l’amélioration à 8,5% du niveau des prix des matières premières non énergétiques.
 
Plus encore que son retour à meilleure fortune avec une croissance de 3,5%, le paysage économique mondial présente des séquences sur lesquelles nous devrions nous arrêter et que nous devrions prendre comme autant de sources d’enseignements à méditer, voire de messages à capter pour en tirer des leçons au profit de notre propre pays. J’en retiendrais deux.
 
La 1ère séquence porterait sur cette accélération inédite du déploiement de la révolution numérique et la portée des mutations qu’elle génère dans les activités et les comportements de plus en plus d’agents économiques et sociaux, dans les sphères de la production, des échanges, du travail  et de la consommation. Avec l’acuité nouvelle de la conscience que manifestent les gouvernants et les opérateurs économiques et sociaux, en particulier dans les pays développés, vis-à-vis des impératifs d’une compétitivité respectueuse de l’environnement, les opportunités offertes par la révolution numérique modifient de plus en plus profondément les écosystèmes micro-économiques, le mode de gestion macroéconomique et les approches des politiques néolibérales.
 
Il y aurait là autant de raisons d’être interpelé sur l’urgence d’une révision en profondeur de notre modèle économique, social et culturel d’autant plus qu’une telle évolution de l’économie numérique est porteuse d’un approfondissement des fractures entre les pays développés et les pays en développement et, à l’intérieur de chacun de ces pays, entre les élites les plus favorisées et les larges catégories sociales de la population.
 
La 2ème séquence porterait, au-delà des cycles économiques dans tel ou tel continent, sur la leçon que nous devrions tirer de cette dynamique nouvelle quasi-générale qu’auraient connues, au cours des années 2017 et 2018, les réformes de structure, dans la quasi-totalité des pays soucieux de préserver ou d’acquérir une plus grande compétitivité dans un monde où se généralisent les zones de libre-échange, au point de susciter les contestations les plus inattendues.
 
A cet égard, à la faveur, en général, d’élections dont elles ont acquis leur légitimité, ces réformes portent sur les politiques monétaires ou les normes de gestion des marchés du travail, comme c’est le cas de l’Europe, ou encore les réformes audacieuses, voire agressives, portées sous le signe de "l’Amérique d’abord", par la nouvelle présidence américaine, sans omettre de relever la grande capacité pragmatique de réformes que la Chine décline, aujourd’hui, aussi bien dans le domaine des structures socio-économiques et de son système traditionnel de valeurs que dans celui de ses rapports internationaux.
 
Notre pays serait particulièrement bien inspiré de tirer les leçons qu’il convient des enseignements que véhiculent les deux séquences retenues du paysage économique mondial dont l’évolution aurait, au cours de 2017 et 2018, apporté des opportunités d’amélioration de nos propres performances économiques. 

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