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Tourisme 2030 : quelles ambitions pour le Maroc ?

Etude dans le cadre de la réflexion prospective sur le Maroc 2030 menée par le Haut Commissariat au Plan


Préambule du rapport publié à l'occasion de la réalisation de cette étude

Sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi, le Haut Commissariat au Plan mène, depuis 2004, une réflexion prospective sur le Maroc à l’horizon 2030. La conduite de cette réflexion, dont le processus se proposait l’exploration du futur de notre pays et l’élaboration de scénarios exploratoires et alternatifs, a été structurée autour d’ateliers participatifs, forums, séminaires, conférences-débats, appuyés par des études thématiques ou sectorielles et des enquêtes de terrain.


 

Ces activités ont traité de problématiques à caractère général portant sur l’environnement géostratégique et géoéconomique, régional et mondial de notre pays, les structures de notre économie et les sources historiques et potentielles de sa croissance, les permanences, changements et enjeux pour l’avenir de notre société, ou encore les modèles éclairant les rapports entre croissance économique et développement humain.

Cet ensemble a constitué ce que l’on appelle, dans le jargon de la prospective, « la base ». Il s’agit d’une série de données, d’analyses et de réflexions sur le passé, le présent et les évolutions tendancielles de chacune des composantes sectorielles ou thématiques du « Système Maroc » permettant d’en dégager les forces et les faiblesses, les tendances et les facteurs de changement.

Parallèlement à l’étude de ces problématiques d’ordre global et compte tenu d’un cadrage macroéconomique et sociétal où il était nécessaire de les insérer, des secteurs spécifiques d’activité économique ont été également soumis à cette démarche prospective. Ils ont été choisis en raison, soit de leur poids actuel et futur dans l’évolution de notre pays, telle l’agriculture, soit des contraintes et enjeux qu’ils présentent pour le développement durable et la compétitivité, telle l’énergie, soit encore du caractère prioritaire que leur confère la politique nationale. C’est le cas du tourisme, objet de la présente étude.

L’exploration du futur d’un secteur économique aussi important que celui du tourisme se devait de privilégier une approche qui tienne compte de ses rapports avec les données économiques et sociétales de la collectivité nationale et de l’environnement régional et international qui influencent son évolution, afin d’en mieux appréhender les tendances lourdes, les facteurs de changement, les atouts et les menaces qui affectent ou sont susceptibles d’affecter son développement et son poids dans le processus du développement durable.

Dans ce cadre, la démarche s’est fondée sur les conclusions auxquelles ont abouti plusieurs études d’experts, marocains et étrangers, portant sur la demande et l’offre touristiques internationales au regard de celles, effectives ou potentielles, qui engagent, aujourd’hui, le devenir de ce secteur dans notre pays. Il est avéré que, avec le temps, la demande touristique des marchés émetteurs traditionnels devra, à cet égard, croître en direction des pays émergents d’Asie, d’Europe de l’Est et d’Amérique latine. Elle est appelée à impulser une forte expansion du tourisme international au cours des 25 années à venir dans le monde et dans la région méditerranéenne.

Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication et l’émergence de la société de la connaissance devraient, par ailleurs, continuer à avoir une propension de plus en plus forte à modifier qualitativement et quantitativement la demande touristique et à élever le niveau de sensibilité à l’équilibre écologique, à la qualité de l’environnement et à la dimension culturelle des produits touristiques.
 
Nous savons que dans un contexte de globalisation et d’intégration des économies, celles-ci seront, de plus en plus, soumises aux contraintes de la compétitivité et de la convergence des normes internationales en matière de durabilité et de qualité qui seront, dans ce cadre, des facteurs déterminants de l’évolution de l’offre touristique. Une telle tendance devrait justifier, pendant longtemps encore, l’engagement du secteur public et la promotion des multiples partenariats public-privé pour en gérer l’adaptation à la demande pour mettre en œuvre les nécessaires schémas d’aménagement du territoire, réguler le marché des services et favoriser l’émergence et la consolidation de la société de la connaissance.

L’ensemble du système touristique marocain est, de toute évidence, appelé à s’adapter à ces tendances lourdes de la demande et de l’offre. La morphologie du tourisme au Maroc en 2030 devrait, de ce fait, être différente de celle d’aujourd’hui, d’autant plus que ce secteur est encore à l’étape initiale de son expérience des marchés à l’ère de la mondialisation. La « Vision de 2010 » doit, à cet égard, être considérée beaucoup plus comme le cadre et l’outil d’un processus d’adaptation de notre pays à l’évolution de la modernité touristique en émergence que comme un schéma directeur définitif du secteur.
 
Il faut convenir que, par delà les programmes et les politiques qu’elle a pu impulser, l’inédite mobilisation des acteurs professionnels qu’elle a suscitée et le niveau des objectifs qu’elle s’est assignés, la « Vision 2010 » a vocation à s’enrichir de l’apport d’une réflexion prospective plus soucieuse de scénarios qualitatifs à long terme. Ces derniers permettent de mieux appréhender les enjeux de l’avenir, les impératifs de la durabilité du développement et la pérennité des performances pour une plus grande pertinence des ajustements qu’il s’avérerait nécessaire d’apporter aux programmes prévus. C’est ainsi qu’il nous incombe de saisir toutes les occasions pour capitaliser notre expérience et celle de certains pays de la Méditerranée et nous engager dans les voies d’une réflexion nationale ouverte sur toutes les opportunités qu’offre le tourisme de demain.

La présente étude « Tourisme 2030 : quelles ambitions pour le Maroc ? » se veut un appel à appuyer cette ambition. Elle procède par un rappel historique mettant en exergue les grandes évolutions du secteur, enchaînant sur une évaluation globale de l’activité touristique et de son apport à l’économie nationale, mettant l’accent sur les tendances passées, le niveau de compétitivité et les ressources et potentialités touristiques que recèle le pays. Elle s’attache, ensuite, par un regard prospectif ramassé, à identifier les principales tendances lourdes et les facteurs de changement qui vont conditionner les évolutions de l’activité touristique du pays à l’horizon 2030, tout en soulignant l’importance des incertitudes de l’avenir.

Sur cette base, elle développe, selon une approche originale, trois scénarios différenciés selon les choix face aux tendances lourdes et aux facteurs de changement déjà identifiés, et selon leurs exigences en termes d’infrastructures, de compétitivité, de modes de financement et de rapports géostratégiques du pays. Ces scénarios sont, en outre, confrontés aux menaces qui doivent être jugulées et aux opportunités qu’il importe de saisir et de capitaliser. L’étude s’achève sur une invitation à l’action par la nécessité d’une « Vision 2015 » destinée à éclairer le choix du scénario souhaitable identifié comme la « zone commune » aux trois scénarios et qui paraît correspondre aux spécificités socioculturelles et au potentiel économique de l’offre touristique marocaine

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