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«Une perspective de croissance de 4,1 % pour 2010»


Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, dresse le bilan de l’économie nationale 2009 et trace les grandes lignes des principaux agrégats macroéconomiques pour 2010. Qu’en est-il des perspectives de croissance ? La demande intérieure continuera-t-elle de peser de tout son poids sur la croissance économique ? Et les déficits des finances extérieures ?


«Une perspective de croissance de 4,1 % pour 2010»

 

La Nouvelle Tribune: Votre département vient de parachever des travaux sur l’environnement économique pour l’année 2009 et les perspectives 2010.Qu’en ressort-il?

Ahmed Lahlimi Alami : Plusieurs choses. Tout d’abord, je tiens à rappeler que le Haut Commissariat au Plan a élaboré un budget économique prévisionnel 2010 qui présente une révision de la croissance de l’économie nationale en 2009 et les perspectives d’évolution des principaux indicateurs macroéconomiques en 2010. Ce budget économique prévisionnel se réfère aux résultats des enquêtes trimestrielles et des travaux de suivi et d’analyse de la conjoncture menés par le Haut Commissariat au Plan durant l’année 2009.

Il intègre les effets de relance des dispositions budgétaires de la Loi de Finances 2010 adoptées par le Parlement, notamment en matière de fiscalité, d’investissement, de subventions, de recrutement et de valorisation des salaires. Avec comme supposition, une production céréalière de 70 millions de quintaux durant la campagne agricole de l’exercice 2009 / 2010.

Et au niveau des effets induits par les conjonctures internationales sur notre espace économique ?

Les nouvelles donnes liées aux conjonctures mondiales pour 2009 et 2010 ont été prises en considération, en matière de croissance économique, des prix et du commerce. Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc serait en hausse de 3 % en 2010, après une baisse en 2009 de l’ordre de 10 %. Le cours moyen de pétrole brut devrait atteindre 76,50 dollars le baril au lieu de 61,50 dollars en 2009 et la parité euro / dollar devrait se situer à 1,4 au lieu de 1,3 en 2009. C’est ainsi que l’économie nationale aurait progressé de 5 % en 2009 après la croissance de 5,6 % enregistrée en 2008. Ce rythme d’accroissement est le résultat des performances des activités agricoles en progression de 26,2 %, ce qui  a largement compensé le ralentissement des activités secondaires et tertiaires qui ont réalisé des cadences d’accroissement de 1,6 % en 2009 contre 3,9 % en 2008 et 6,2 % en 2007.

Qu’en sera-t-il des tendances lourdes pour 2010 ?

En 2010, la reprise des activités non agricoles devrait permettre de dégager une valeur ajoutée en hausse de 5,9 % au lieu de 1,6 % en 2009. Le secteur primaire, quant à lui, pourrait afficher une valeur ajoutée en baisse de 5,3 %, principalement dû à la hausse considérable de l’ordre de 26,2 % enregistrée en 2009. Globalement, l’économie nationale devrait connaître un accroissement de 4,1 % en 2010 contre 5 % en 2009.

Quelles seront les relais de croissance pour 2010, l’inflation et faut-il craindre un accroissement des déficits ?

La demande intérieure devrait poursuivre sa contribution à la croissance économique avec 7 points en 2009 et 5 points en 2010. La contribution du commerce extérieur à la croissance qui continuera à être négative sera, cependant, en amélioration avec un passage de – 5,3 points en 2008 à – 2 points en 2009 pour atteindre – 1,3 points en 2010.

De son côté,  l’inflation devrait être maîtrisée en 2010 à 2,3 % contre 1 % en 2009 et 5,9 % en 2008. Sur le plan des équilibres, le déficit budgétaire devrait passer de 2,7 % du PIB en 2009 à 4 %, en 2010. La rigidité à la baisse du déficit des finances extérieures de l’ordre de 4,4 % en 2009 devrait se situer à 5,1 % en 2010, ce qui continuera à pénaliser les finances extérieures et qui pourrait créer des tensions sur le plan du financement de l’économie.


Par Rachid Hallaouy | La Nouvelle Tribune - 28/06/2011


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