Synthèse :
Depuis l’indépendance, la question du handicap a progressivement gagné en importance dans les politiques publiques au Maroc. Cette attention s’est traduite par la création d’institutions spécialisées et par la mise en œuvre de politiques publiques visant spécifiquement la prise en charge et l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
L’analyse du handicap à partir des données du RGPH 2024 montre que les efforts menés par le Maroc ont permis des avancées notables en matière de couverture médicale, d’accès à l’éducation, aux services et au logement. Ces progrès, certes positifs, masquent toutefois une évolution contrastée, caractérisée par la persistance de fortes inégalités selon l’âge, le sexe et le milieu de résidence. En 2024, le pays compte 1,73 million de personnes en situation de handicap, soit une prévalence de 4,8%, en recul par rapport à 2014 (5,1%). Cette diminution résulte principalement de la baisse observée en milieu urbain, tandis que la prévalence demeure stable voire en légère augmentation dans les zones rurales, particulièrement chez les femmes.
La majorité des personnes en situation de handicap vivent principalement au sein de leur famille, qui constitue le principal dispositif de soutien. Cette organisation familiale, tout en assurant un accompagnement quotidien et la solidarité, met également en évidence la dépendance des personnes handicapées vis-à-vis de leurs proches et la nécessité de développer des services et dispositifs adaptés pour renforcer leur autonomie.
Sur le plan social, les personnes en situation de handicap font face à une exclusion éducative : près des deux tiers (67,7%) n’ont aucun niveau scolaire. Les femmes et les populations rurales sont particulièrement défavorisées, avec de faibles niveaux d’alphabétisation et une exclusion scolaire importante. Cette situation éducative, en plus des obstacles physiques et des discriminations, restreint les possibilités d’insertion professionnelle et économique : seulement 8,9% sont occupées. Les personnes en situation de handicap qui travaillent se concentrent dans le secteur privé et le travail indépendant.
L’analyse des conditions de vie des personnes en situation de handicap révèle des contrastes importants. Si la propriété du logement est majoritaire, l’accès aux infrastructures de base demeure inégal, surtout en milieu rural où l’accès à l’eau courante, à l’assainissement et aux équipements sanitaires reste faible. En revanche, l’accès aux services de santé s’est sensiblement amélioré au cours des dernières années, sous l’effet de l’extension de la couverture médicale, qui concerne désormais 63,3% des personnes en situation de handicap. Néanmoins, des disparités notables persistent selon le sexe et le milieu de résidence, limitant l’égalité d’accès aux soins.
Au sein de l’ensemble des personnes en situation de handicap, l’identification des personnes présentant au moins une incapacité totale permet de mettre en évidence les situations les plus critiques de perte d’autonomie. Les résultats montrent que ces situations restent relativement limitées en proportion, représentant 1,1% de la population, soit près d’un demi-million de personnes en 2024. Cette proportion est restée globalement stable au cours de la dernière décennie. Les personnes âgées constituent la moitié des cas, avec une prévalence plus élevée chez les femmes et en milieu rural. Si plusieurs domaines présentent une tendance générale à l’amélioration, la mobilité demeure un point de fragilité majeur, accentuant la dépendance et limitant l’autonomie des personnes concernées.
L’examen des perspectives démographiques à l’horizon 2050 montre que, selon l’hypothèse retenue, l’effectif des personnes en situation de handicap oscillerait entre 1,6 et 2 millions de personnes. Dans un scénario favorable marqué par la poursuite de l’amélioration des conditions sanitaires et sociales, la tendance serait à une baisse progressive. Toutefois, le vieillissement démographique continuera de peser fortement sur l’évolution du handicap.
Le RGPH constitue un outil statistique central pour orienter la planification des politiques publiques en matière de handicap, en offrant une vision nationale et territoriale du phénomène. Il gagnerait toutefois à être complété par des enquêtes spécifiques permettant d’approfondir la connaissance des incapacités, d’évaluer l’efficacité des dispositifs existants et d’adapter plus finement les interventions publiques aux besoins des personnes concernées. Le RGPH peut, également, servir de base d’échantillonnage fiable pour ces enquêtes, garantissant une représentativité nationale et territoriale appropriée.
Depuis l’indépendance, la question du handicap a progressivement gagné en importance dans les politiques publiques au Maroc. Cette attention s’est traduite par la création d’institutions spécialisées et par la mise en œuvre de politiques publiques visant spécifiquement la prise en charge et l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
L’analyse du handicap à partir des données du RGPH 2024 montre que les efforts menés par le Maroc ont permis des avancées notables en matière de couverture médicale, d’accès à l’éducation, aux services et au logement. Ces progrès, certes positifs, masquent toutefois une évolution contrastée, caractérisée par la persistance de fortes inégalités selon l’âge, le sexe et le milieu de résidence. En 2024, le pays compte 1,73 million de personnes en situation de handicap, soit une prévalence de 4,8%, en recul par rapport à 2014 (5,1%). Cette diminution résulte principalement de la baisse observée en milieu urbain, tandis que la prévalence demeure stable voire en légère augmentation dans les zones rurales, particulièrement chez les femmes.
La majorité des personnes en situation de handicap vivent principalement au sein de leur famille, qui constitue le principal dispositif de soutien. Cette organisation familiale, tout en assurant un accompagnement quotidien et la solidarité, met également en évidence la dépendance des personnes handicapées vis-à-vis de leurs proches et la nécessité de développer des services et dispositifs adaptés pour renforcer leur autonomie.
Sur le plan social, les personnes en situation de handicap font face à une exclusion éducative : près des deux tiers (67,7%) n’ont aucun niveau scolaire. Les femmes et les populations rurales sont particulièrement défavorisées, avec de faibles niveaux d’alphabétisation et une exclusion scolaire importante. Cette situation éducative, en plus des obstacles physiques et des discriminations, restreint les possibilités d’insertion professionnelle et économique : seulement 8,9% sont occupées. Les personnes en situation de handicap qui travaillent se concentrent dans le secteur privé et le travail indépendant.
L’analyse des conditions de vie des personnes en situation de handicap révèle des contrastes importants. Si la propriété du logement est majoritaire, l’accès aux infrastructures de base demeure inégal, surtout en milieu rural où l’accès à l’eau courante, à l’assainissement et aux équipements sanitaires reste faible. En revanche, l’accès aux services de santé s’est sensiblement amélioré au cours des dernières années, sous l’effet de l’extension de la couverture médicale, qui concerne désormais 63,3% des personnes en situation de handicap. Néanmoins, des disparités notables persistent selon le sexe et le milieu de résidence, limitant l’égalité d’accès aux soins.
Au sein de l’ensemble des personnes en situation de handicap, l’identification des personnes présentant au moins une incapacité totale permet de mettre en évidence les situations les plus critiques de perte d’autonomie. Les résultats montrent que ces situations restent relativement limitées en proportion, représentant 1,1% de la population, soit près d’un demi-million de personnes en 2024. Cette proportion est restée globalement stable au cours de la dernière décennie. Les personnes âgées constituent la moitié des cas, avec une prévalence plus élevée chez les femmes et en milieu rural. Si plusieurs domaines présentent une tendance générale à l’amélioration, la mobilité demeure un point de fragilité majeur, accentuant la dépendance et limitant l’autonomie des personnes concernées.
L’examen des perspectives démographiques à l’horizon 2050 montre que, selon l’hypothèse retenue, l’effectif des personnes en situation de handicap oscillerait entre 1,6 et 2 millions de personnes. Dans un scénario favorable marqué par la poursuite de l’amélioration des conditions sanitaires et sociales, la tendance serait à une baisse progressive. Toutefois, le vieillissement démographique continuera de peser fortement sur l’évolution du handicap.
Le RGPH constitue un outil statistique central pour orienter la planification des politiques publiques en matière de handicap, en offrant une vision nationale et territoriale du phénomène. Il gagnerait toutefois à être complété par des enquêtes spécifiques permettant d’approfondir la connaissance des incapacités, d’évaluer l’efficacité des dispositifs existants et d’adapter plus finement les interventions publiques aux besoins des personnes concernées. Le RGPH peut, également, servir de base d’échantillonnage fiable pour ces enquêtes, garantissant une représentativité nationale et territoriale appropriée.








