Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) présente la situation du marché du travail au deuxième trimestre 2026, issue de la nouvelle Enquête sur la Main-d’œuvre (EMO2026). Rappelons qu'il s'agit de la première enquête d'une nouvelle génération d'enquêtes sur le marché du travail au Maroc, conçue conformément aux récentes normes internationales adoptées lors des 19e, 20e et 21e Conférences Internationales des Statisticiens du Travail (CIST) de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Elle se substitue à l'Enquête Nationale sur l'Emploi (ENE).
Principaux changements méthodologiques et conceptuels
Les principaux changements adoptés par ce nouveau dispositif se déclinent en trois axes :
Axe 1 – Mise à jour conceptuelle : les principales évolutions introduites par le nouveau cadre conceptuel s’articulent autour de trois axes majeurs :
• La redéfinition de l’emploi : L’EMO 2026 considère désormais comme emploi uniquement le travail exercé contre rémunération ou en vue d’un profit. A titre d’exemple, les personnes exerçant des activités destinées principalement à l’autoconsommation au sein d’unités non marchandes sont désormais classées dans la production pour usage propre, et non plus dans l’emploi.
• L’adoption du chômage strict : le taux de chômage strict remplace désormais le taux de chômage mesuré dans le cadre de l’ENE. Plus restrictif, il ne considère comme chômeuses que les personnes sans emploi, disponibles pour travailler et recherchant activement un emploi. Il exclut ainsi les personnes disponibles ne recherchant pas activement un emploi, ainsi que celles effectuant des démarches de recherche mais non disponibles pour travailler.
• L’élargissement de la mesure de la sous-utilisation de la main-d’œuvre : l’approche basée sur l’unique indicateur de chômage est remplacée par un système multidimensionnel intégrant quatre indicateurs. Cette approche permet d’appréhender de manière plus fine les différentes formes de sous-utilisation de la main d’œuvre à travers : (1) le taux de chômage strict ; (2) le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée du travail ; (3) le taux combiné du chômage strict et de la main-d’œuvre potentielle ; et (4) le taux composite de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, regroupant le chômage strict, le sous-emploi et la main-d’œuvre potentielle. Ensemble, ces indicateurs permettent de mesurer les pressions, actuelles et potentielles, exercées sur le marché du travail.
Axe 2 – Révision méthodologique : la taille de l’échantillon est passée de 90.000 à 135.000 ménages par an, permettant d’améliorer significativement la précision des indicateurs, en particulier aux niveaux régional et provincial.
Par ailleurs, la base de sondage a été actualisée à partir des résultats les plus récents du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2024, et un nouveau schéma de rotation trimestriel et annuel des ménages a été instauré, permettant le suivi longitudinal partiel des ménages ainsi que l'analyse des dynamiques trimestrielles et annuelles des indicateurs du marché du travail.
Axe 3 – Enrichissement thématique : le champ thématique du nouveau dispositif a été enrichi. Il intègre désormais des thématiques nouvelles ou renforcées, notamment les défis d’accès au marché du travail, l’emploi informel, les différentes formes de la sous-utilisation de la main-d’œuvre et la formation tout au long de la vie.
Parallèlement à cette note, le HCP publie, à titre provisoire, les indicateurs rétropolés afin de reconstituer les séries historiques des principaux indicateurs trimestriels du marché de travail de la période de 2017 à 2025 selon ces nouveaux concepts. À mesure que davantage de points d’observation trimestriels seront disponibles pour l’année 2026, ces indicateurs feront l’objet de tests de vraisemblance et de significativité statistique permettant de les affiner et d’en améliorer la qualité. Leur version définitive sera publiée conjointement avec la publication des résultats annuels de 2026.
Il convient de rappeler que les résultats de l'EMO 2026 ne sont pas directement comparables à ceux de l'ENE publiés antérieurement, en raison des changements conceptuels et méthodologiques introduits. En revanche, leur comparaison avec les indicateurs rétropolés provisoires est méthodologiquement valide.
Situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2026
I. Participation au marché du travail
Au deuxième trimestre 2026, la main d’œuvre (personnes en emploi contre revenu et les chômeurs au sens strict) s’établit à 11.764.000 personnes, enregistrant ainsi une hausse de 147.000 personnes par rapport au premier trimestre 2026. Près de 63,5% de la main d’œuvre résident en milieu urbain. Par ailleurs, les femmes ne représentent que 21,5% de la main d’œuvre, contrastant nettement avec leur poids prédominant au sein de la population hors main-d’œuvre (71,1%).
Le taux de participation à la main d’œuvre (part de la main d’œuvre dans la population en âge de travailler) a atteint 42,2% au niveau national ; 41,2% en milieu urbain et 44% en milieu rural. Un écart très marqué a été constaté entre les hommes et les femmes ; ce taux se situe à 66,5% pour les hommes contre seulement 18,1% pour les femmes.
Les tranches d’âge 25-34 ans et 35-44 ans enregistrent les taux de participation à la main d’œuvre les plus importants, avec respectivement 56,8% et 57,7%, suivi par les personnes âgées de 45 ans et plus (38,7%). Alors que, les jeunes âgés de 15 à 24 ans enregistrent le taux le plus faible (22,9%).
En outre, le taux de participation à la main d’œuvre des détenteurs d’un diplôme avancé (69,4%) dépasse de loin les autres catégories des diplômées : 46,3% pour les titulaires d’un diplôme intermédiaire et 39,2% pour ceux ayant un diplôme de base. Le taux de participation à la main d’œuvre des personnes n’ayant aucun diplôme se situe à 38,1%.








